NZIA : quelles opportunités pour la filière photovoltaïque européenne ?
Chaque année, l'Europe installe des dizaines de gigawatts de panneaux solaires... mais en fabrique une part infime. La grande majorité des cellules, wafers et onduleurs posés sur le sol européen proviennent d'Asie, et principalement de Chine.
Face à cette dépendance, l'Union européenne a adopté un texte destiné à changer la donne : le Net Zero Industry Act (NZIA). Décryptage d'un règlement qui redessine, dès 2026, les règles du jeu pour toute la filière photovoltaïque.
Le NZIA, en bref
Le Net Zero Industry Act (règlement (UE) 2024/1735) est entré en vigueur le 29 juin 2024. Son objectif est simple à énoncer, ambitieux à atteindre : que l'UE soit capable de produire, sur son propre sol, au moins 40 % de ses besoins annuels de déploiement en technologies « zéro net » (solaire, éolien, batteries, pompes à chaleur...) d'ici 2030, et 15 % de la production mondiale d'ici 2040.
Pour y parvenir, le texte agit sur plusieurs leviers : simplification des procédures administratives, statut de « projet stratégique » pour les usines jugées prioritaires, et surtout, le point qui concerne le plus directement les acteurs du solaire, l'introduction de critères favorisant les équipements fabriqués en Europe dans les appels d'offres publics.
Trois leviers d'opportunité pour la filière
Des permis plus rapides pour les projets industriels. Chaque État membre doit désigner un guichet unique chargé de coordonner l'instruction des dossiers de permis pour les usines de fabrication de technologies zéro net. Les projets reconnus « stratégiques » bénéficient d'un traitement prioritaire, de délais encadrés et d'un accompagnement au financement via la plateforme européenne Net-Zero Europe. De quoi rassurer les investisseurs qui hésitaient jusqu'ici à financer une usine solaire en Europe face à la concurrence asiatique.
Des « vallées d'accélération zéro net ». Le règlement permet la création de zones industrielles dédiées, où les démarches administratives sont encore simplifiées, pour attirer plusieurs maillons de la chaîne de valeur sur un même territoire, une manière de reconstituer localement un écosystème industriel complet, du polysilicium au module fini.
Des appels d'offres qui valorisent la production européenne. C'est le volet le plus concret pour la filière. Depuis la législation secondaire adoptée le 23 mai 2025, les États membres doivent appliquer des critères non tarifaires, durabilité et résilience, à au moins 30 % du volume annuel de leurs enchères renouvelables, soit environ 6 GW par an à l'échelle de l'UE.
Ce que ça change concrètement en France
La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a commencé à intégrer ce critère de résilience dans les cahiers des charges de ses appels d'offres photovoltaïques. Deux dispositifs sont concernés dès 2026 : l'appel d'offres « Centrales au sol » (à partir de sa 9ᵉ période, dépôt des offres ouvert le 20 juillet 2026) et l'appel d'offres simplifié dédié aux installations de 100 à 500 kWc.
La règle : une installation ne doit pas avoir été assemblée dans un « État tiers dominant », un pays qui représente plus de 65 % de l'approvisionnement européen sur un composant stratégique. À ce jour, la Commission désigne la Chine comme État tiers dominant pour le produit fini, les modules, les cellules, les onduleurs et les wafers.
Il faut en plus qu'au moins 4 composants parmi 8 (polysilicium, lingots, wafers, cellules, verre solaire, modules, onduleurs, trackers) ne proviennent pas de cet État tiers dominant, dont obligatoirement les cellules, les modules et les onduleurs.
Autrement dit : un module assemblé en Europe mais fabriqué à partir de cellules chinoises ne suffit plus à répondre à l'exigence. La conformité se vérifie non pas au dépôt du dossier, mais à la mise en service, un vrai changement de méthode pour les porteurs de projets, qui doivent désormais documenter précisément l'origine de chaque composant.
Les points de vigilance
Le NZIA n'efface pas tous les obstacles pour autant. La CRE reconnaît elle-même que la réduction du nombre de panneaux éligibles pourrait faire remonter les prix proposés dans les appels d'offres, sans qu'il soit encore possible d'en mesurer l'ampleur.
Du côté des fabricants, plusieurs voix du secteur, dont l'ESMC (European Solar Manufacturing Council), estiment que le texte manque encore de mesures de soutien direct, financement, prix plancher, pour vraiment rivaliser avec les prix chinois. Et sa mise en musique reste progressive : les premières enchères appliquant pleinement ces critères ne démarrent qu'à l'été 2026.
Chez Voltec Solar, une longueur d'avance
Nous concevons et fabriquons nos modules à Dinsheim-sur-Bruche depuis 2009, bien avant que l'origine de fabrication ne devienne un critère réglementaire.
Alors que les appels d'offres valorisent de plus en plus la production européenne, cette antériorité prend tout son sens : elle apporte aux porteurs de projets une visibilité sur notre outil industriel qu'une simple ligne d'assemblage ne peut pas offrir.
Le NZIA marque une étape importante pour la souveraineté industrielle européenne. Reste à voir comment chaque État membre, et chaque acteur de la filière, s'en saisit.
À retenir
Voltec Solar conçoit et fabrique ses modules photovoltaïques en Alsace, avec une traçabilité pensée pour les exigences industrielles, réglementaires et environnementales de la filière solaire.